Veneto Berico-Euganeo Dop
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San Daniele del Friuli est connu dans le monde entier pour la production du célèbre jambon, dont on a des témoignages depuis le Moyen-Age.
Les qualités et les caractéristiques du jambon sont protégées par la loi et ses paramètres sont constamment respectés et garantis par le label D.O.P.
C’est un produit très apprécié et inimitable qui a conquis les plus prestigieux marchés intérieurs et internationaux du secteur. Le jambon est produit par de nombreuses maisons réunies en un “consorzio” qui gère et coordonne l’organisation, la distribution et la promotion et qui joue un rôle très important dans l’organisation de la manifestation “Aria di Festa”, une grande manifestation qui a lieu chaque année la dernière semaine d’août et qui attire un demi million de visiteurs, surtout des étrangers et des touristes.
Le secteur de la production de chaussures est aussi très important et il a une longue tradition.
Des maisons qualifiées et appréciées pour leur fiabilité fabriquent des chaussures avec des méthodes de production traditionnelles et artisanales.
Dans la place principale de la ville il y a le dôme, auquel on peut accéder grâce à un grand escalier.
L’œuvre est dédiée à Saint Michel Archange, et a été réalisée par Domenico Rossi.
Le campanile qui n’est pas terminé, a été commencé en 1531 d’après un projet de Giovanni da Udine.
L’intérieur du dôme a trois nefs et deux coupoles.
Au début de la nef de gauche il y a un baptistère du XVIe siècle; au premier autel à gauche, la Trinité, qui est une copie d’un original du Pordenone réalisée par Domenico Fabris.
À droite du dôme se trouve le vieux Palais de la Commune, avec un portique soutenu par de basses arcades et une fenêtre trilobée sur la place.
Il contient les Archives communales, avec des documents qui remontent jusqu’au XIIe siècle et l’importante bibliothèque municipale «Guarneriana».
La construction du palais remonte à 1415 et elle a été modifiée à la fin du XVIe siècle et au XVIIIe siècle, quand elle devint le siège de la bibliothèque; à l’intérieur la salle «fontaniniana» qui a des étagères en bois de 1742, est particulièrement digne d’attention.
À droite du Dôme, Via Roma, en face du campanile se dresse une maison à arcades du XIVe siècle, qui donne d’un côté sur la Via Cavour et conduit à l’Église de la « Madonna della Fratta», il s’agit d’une église gothique qui a été commencée en 1350, et qui a été terminée, avec la façade en pierre, en 1469, comme indiqué dans l’inscription à gauche du sommet du portail.
Celui-ci remonte, par contre, à l’année 1471 et il accueille, dans la lunette qui est limitée par un arc ogival, la Vierge sur le trône avec le Petit Enfant et des anges.
De chaque côté du portail il y a deux hautes fenêtres à une seule ouverture et du comble du toit un clocher à fenêtre jumelée.
Le château et les villas nobiliaires.
Si on prend «Via San Sebastiano» on peut rencontrer le palais « Masetti-de Concina» et en poursuivant, on peut monter à l’esplanade du château, duquel il nous reste une tour et les restes de terre-pleins.
La zone est aménagée à forme d’un parc du haut duquel on peut jouir d’une vue dégagée sur l’amphithéâtre morainique avec ses châteaux, la plaine frioulane et les Alpes «Giulie».
Au sommet d’un escalier on trouve à gauche l’église de San Daniele qui présente des parties qui remontent à différentes époques, avec un clocher provenant d’une tour châtelaine ; le portail central est baroque (1750) tandis que celui de gauche, provenant du Dôme, et placé ici au XVIIIe siècle, est une œuvre de Carlo de Corona (1510) et du même artiste le retable d’autel de la nef à gauche (1510) avec la Vierge sur trône avec l’enfant et les Saints Sebastiano et Rocco et dans la lunette il y a une «pietà».
À l’extérieur de l’abside est placé un bas-relief rustique ( L’Adoration des Mages), du XIIe siècle.
La Bibliotheque «Guarneriana»
La bibliothèque est née après la donation de l’humaniste Guarniero de Artegna (mort en 1466); son activité s’adapte bien au climat cultural naissant à San Daniele au XVe siècle et elle a la fonction de recueillir et transcrire de vieilles oeuvres.
Successivement la récolte a été enrichie avec la donation du XVIIIe siècle de l’Archevêque Giusto Fontanini et aujourd’hui elle recueille de nombreux incunables et des codes miniaturés, quelques-uns très précieux: la Bible Byzantine de la fin du XIIe siècle, une copie de la « Divina Commedia» (fin du XIIIe siècle) qui contient «L’Enfer» et les premiers trois chants du Purgatoire avec commentaire en langue latine de Graziano Bambaglioni ; elle contient aussi les « Trionfi de Petrarca» du XVIe siècle et un « Missale romanum» du XVe siècle.
On n'est pas sûr des origines de San Daniele du Frioul, et on ne connaît même pas l’histoire du château durant le haut Moyen-Age, dont on parle au XIe siècle. De récentes découvertes archéologiques attestent la présence humaine dès l’an 800 a.C.. La commune libre avait voix dans le Parlement de la Patrie du Frioul et en 1139 elle devint un marché public, le plus important du Frioul après ceux d' "Aquileia" et de "Cividale".
La ville (1309) fut occupée temporairement par Rizzardo da Camino en accord avec le comte de Gorizia et ensuite par le Comte de Gorizia lui-même (1349).
Elle fut enfin reconquise par les habitants d’Udine (1350), mais elle leur fut enlevée par les ducs d'Autriche (Albert II 1350, et Rodolphe 1361).
San Daniele s'opposa à la ligue philo-vénitienne de 1385, mais elle se lia à Udine (1392) contre le patriarche.
En défense de la "Patrie" elle participa à la grande ligue de 1401; en 1410 elle refusa de se rendre aux troupes hongroises du comte Ortenburg; en 1420 elle passa sous la domination vénitienne, en devenant par la suite, avec Aquileia et San Vito, un fief patriarcal: une certaine autonomie et prospérité furent donc assurées à un centre qui s'est toujours distingué pour son engagement culturel et pour la grande noblesse du milieu. La ville a donné son nom au peintre Pellegrino da San Daniele (1467 - 1547) qui en réalité s'appelait Martino da Udine. Ici naquit l'historien érudit Giusto Fontanini (1666 - 1863).
San Daniele participa activement aux événements du Risorgimento et elle fut annexée au Royaume d'Italie en 1866.
Les Juifs à San Daniele.
Il y a des traces de petites communautés juives, éparpillées dans le Frioul, en particulier dans les centres commerciaux les plus importants dès le bas Moyen Age.
À cette époque-là San Daniele, qui était le troisième marché par importance après Aquileia et Cividale eut une communauté juive qui prospéra avec des hauts et des bas jusqu’à la guerre de 1915/18 et qui confirme le caractère cosmopolite de la ville.
À Aquileia on trouve des traces sûres de leur présence avant Jésus Christ , tandis qu’à Cividale elles remontent au XIIIe siècle. Le premier étabilissement juif fixe à San Daniele remonte à 1548, qui fut l’année où on permit au juif Simone d’ouvrir une maison de prêts dans la ville.
Ensuite d’autres familles s’unirent à celle de Simone et commencèrent à former le premier noyau de la communauté.
Dans ce moment particulier de crise économique qui se répand dans tout le Frioul, la nécessité de prêts en argent devient une exigence de toutes les classes sociales.
Dans la petite ville de colline les juifs ne vivaient pas dans un véritable « ghetto », ils vivaient dans le centre dans les bourgs du Castello, « Porta Gemona » (Via Mazzini) et de la « Fratta ».
Une ordonnance patriarcale du 31 octobre 1722 interdit aux juifs de San Daniele de s’établir ailleurs sans une autorisation écrite préalable. En réalité les entorses au règlement étaient presque habituelles.
Le Conseil du Latran (1174), qui avait amené les juifs à s’occuper du prêt de l’argent avec intérêt, leur avait défendu le travail agricole (Ils ne pouvaient pas posséder de terrains) en limitant ainsi les possibilités de subsistance aux bénéfices des activités commerciales et artisanales.
Toutefois, quelques compétences et qualités professionnelles juives étaient vraiment appréciées des chrétiens, par exemple l’activité de médecin.
Au début du XVIIIe siècle la communauté de San Daniele vécut les moments les plus prospères : en 1714 fut construit le « Monte-di-Pietà » et le banc des prêts sur gage fut interdit aux juifs.
Leur activité se déversa donc dans de nouveaux secteurs comme l’orfèvrerie et la production de la soie, au point d’atteindre un niveau de richesse tel de leur permettre d’avoir voix au chapitre dans la politique de la ville.
La fin du gothique à San Daniele
Architecture
On peut définir les Églises de S.Antonio Abate, S.Maria della Fratta, S.Andrea et S.Luca œuvres de la fin du gothique (gothique flamboyant), parce qu’elles remontent à l’architecture de la deuxième partie du XVe siècle qui présente des éléments gothiques et de la Renaissance et qui a été définie “l’architecture gothique mineure du Frioul”.
En général dans le Frioul les éléments gothiques (arcs et fenêtres à ogive) ont été insérés dans des structures préexistantes très simples (salles rectangulaires absidales avec façade à cabane), mais ces éléments ne leur donnent pas l’aspect élancé du gothique européen.
On peut justifier cette simplicité comme la conséquence de l’influence des ordres franciscains qui se sont inspirés à la pauvreté de S.François d’Assise.
Cette typologie de construction s’est répandue grâce à la méditation de l’Emilie et de la Vénétie.
Sculpture
Les sculptures qui ornent les façades de S.Antonio et de S.Maria della Fratta ne peuvent pas être classées dans un courant artistique précis mais présentent aussi bien des éléments gothiques appartenant à la formation culturelle de base des auteurs que des innovations Renaissance.
On peut retrouver pour les sculpteurs des deux églises les précédents culturels à Venise et dans la Vénétie auxquels on doit s’adresser même pour les éléments de la Renaissance qu’on reconnaît dans leurs œuvres.
En outre, à partir du XIIIe siècle est remarquable, en diffusant l’utilisation de la sculpture en pierre, préférable à celle en bois, l’influence des maîtres lombards qui immigrèrent au Frioul.
En effet l’auteur de la ‘Vierge sur le trône’ de S.Maria della Fratta est sûrement lombard, ainsi que le lapicide de S.Antonio Abate.
La Renaissance à S. Daniele
Peinture
Quelques artistes contribuent à la renaissance culturelle du XVI siècle. Ils ne constituent pas une véritable école, mais ils font revivre le patrimoine figuratif de Venise, de Ferrare et de Padoue
On rappelle Pellegrino da San Daniele, cité même par Vasari dans «Vite»: ses œuvres («Vierge sur le Trône avec les Saints» de 1495 pour l’église de S. Pietro d’Osoppo et laVierge avec l’enfant entre Saint Joseph et Sainte Élisabeth» de la Madonna delle Grazie de Gemona) marquent le début d’un long itinéraire qui conduira le peintre travailler à Cividale, à Udine et à Aquilée.
La matrice lombarde dans sa première production est évidente. Sa maturité artistique est caractérisée par l’influence ferraraise due à son prolongé séjour auprès de la cour des ducs d’Este.
En réalité, il peut être placé entre ‘400 et ‘500 parce qu’il présente un caractère éclectique: il est ancré aux modules du quinzième siècle, mais il est aussi proche de Giorgione et de Raphaël, en avançant les motifs maniéristes.
En outre, on doit mentionner Giovanni Antonio de Sacchis, surnommé le Pordenone, qui est la figure la plus prestigieuse du ‘500 de notre région et parmi les principales de la peinture de la Renaissance de l’Italie du nord et du centre.
En 1534 il peignit, pour l’autel homonyme du dôme de S. Daniele, la «Trinité», où on retrouve des éléments qui devancent la période baroque.


